Les mémoires de Jonas
Dis le à l'Eglise
« Les Mémoires de Jonas »
« Tout scribe devenu disciple du royaume des Cieux est comparable à un maître de maison qui tire de son trésor du neuf et de l’ancien ». (Mt 13,52) [1]
Le Livre de Jonas.
Cela fait des lustres, dit Yahvé, que mes prophètes s’échinent à avertir les docteurs rigides, scribes étriqués, pharisiens avides, intendants corrompus, mauvais pasteurs, qui accablent mon peuple… Je vais les recadrer. Comment ? dit Jonas. J’explique, dit Yahvé : pas un prophète, un facteur. Je ne vois toujours pas, dit Jonas. Tant mieux, dit Yahvé, le facteur, c’est toi. Erreur de casting, dit Jonas, je n’ai ni prestance ni autorité et, surtout, pas la moindre envie de m’y coller. Excellent, dit Yahvé. Ils vont me lapider, dit Jonas. Pas exclu, dit Yahvé. La suite, c’est un billet pour Tarsis, un homme à la mer (c’est lui), trois jours dans la baleine, Yahvé sur la grève, la conversion des Ninivites, le ricin, la canicule, et, pour couronner le tout, Yahvé qui se moque. Pour les théologiens, un conte satirique, un auteur inconnu, des interprétations multiples… Pour nous, pas théologiens mais échaudés, un avertissement.
[1]Vrac déclassifié tiré d’un corpus sécurisé. (Sans Date et Secret Défense (SD), sous embargo (SE))
Réf. : 9782866795863
Langue : Français
Dis le à l'Eglise
Le trois mats baleinier Pequod, capitaine Achab, va appareiller. Marpel le harponneur, escalade la chaire : [2]« Tribordais, bâbordais ! Quelle leçon nous enseigne le livre de Jonas ? …. Malheur à celui qui, séduit par ce monde, se soustrait au devoir de répandre l’Evangile ! Malheur à celui qui cherche à verser de l’huile sur les eaux que Dieu a soulevées en tempête ! Malheur à celui qui préfère le renom à la charité ! Malheur à celui qui ne va pas au-devant des affronts ! Malheur à celui qui ne reste pas fidèle à la vérité alors qu’un mensonge pourrait le sauver ! ».
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Le cargo Oléron, commandant Jacobson, navigue en convoi pour Mourmansk. Les matelots Goldstein et Birkenhead, s’attendent à être jetés par-dessus bord : il est juif, il est noir, ils sont étrangers. [3]
- Tu veux savoir qui était Jonas ? Tu as toujours la Bible, Goddie….
Goldstein suivait les lignes avec le doigt et sa voix semblait conférer une étonnante authenticité au récit de cette ancienne tempête :
- C’est seulement une histoire, Goddie, seulement une vieille petite histoire.
- Une histoire, seulement une histoire ?
- Oui, Goddie.
- Dis donc, Birk, est-ce-que les histoires de la Bible deviennent quelque fois vraies ?
- Bien sur Goddie.
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La frégate cuirassée Catinat, Lieutenant de Vaisseau Viaud, mouille en rade de Brest. Pas de cloches pour Kermadec, gabier de misaine, au motif que ses parents ne donnaient pas à la quête : … il ne sut jamais pardonner cet accueil fait à son entrée dans le monde, ni ces larmes cruelles versées par sa mère ; il en garda au clergé romain une rancune inoubliable et ferma la porte à notre mère l’église son cœur breton, écrit Pierre Loti, qui, faute de trouver dans l’Eglise, refuge à ses questionnements, souffrit sa vie durant du « complexe Jonas ». [4]
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Les Mémoires de Jonas. [5]
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Le M/S Vosges de la Compagnie des Messageries Maritimes, commandant Figuière, retour d’Australie, est à la veille de toucher Gènes. Le père Moyon, missionnaire du Sacré Cœur, s’est lié avec un élève officier : « Je détiens les reliques de monseigneur de Boismenu[6], fondateur de notre mission de Papouasie. Au cas où j’en serais empêché, je vous demande de les faire parvenir directement à Rome ». Le soir même, le prêtre décède en mer[7]. Pauline Jaricot embarque clandestinement. Elle se dévoile en 1986, nous éclaire en 2000, et, en 2026, accompagne les Mémoires de Jonas.
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« Il est nécessaire que chaque baptisé se sente engagé dans la transformation ecclésiale et sociale dont nous avons tant besoin.... Dire non aux abus, c’est dire non, de façon catégorique, à toute forme de cléricalisme, lutter contre toute forme de corruption, spécialement la corruption spirituelle » [8]…. « Il est urgent d’enraciner dans toute l’Église une culture de la prévention qui ne tolère aucune forme d’abus – ni de pouvoir ou d’autorité, ni de conscience ou spirituel, ni sexuel »[9].
Jonas dit qu’il est fatigué,[10] qu’il a donné sa vie pour annoncer pas pour dénoncer, pour accueillir, pas pour exclure, que le pire est immergé, qu’il n’est qu’un pécheur. Ça tombe bien, dit Dieu, ce qu’il me faut, c’est un pécheur, pas un prêcheur, un facteur, pas un prophète. L’Evangile, dit Jonas, c’est le pardon. Je suis au courant, dit Dieu, mais pas à la place des victimes. L’Evangile en actes, l’Evangile en déréliction… maintenant, c’est l’Evangile en retraite, dit Jonas. Un temps pour agir, un temps pour souffrir, un temps pour retraiter, … et un temps pour parler, dit Dieu. La rencontre seul à seul, les trois témoins, le dire à l’Eglise, j’ai déjà donné, dit Jonas, rien d’autre que l’eau sur le canard, le pieds sur la vipère. C’est, dit Dieu, l’envie qui permet au serpent de cracher son venin le plus secret et de vomir la peste de sa méchanceté pour la faire partager [11]. L’esprit de corps, dit Jonas, c’est l’association avant la mission, la garnison avant l’honneur, la sacristie avant l’Eglise, la plaidoirie avant la vérité, la parentèle avant la paroisse, Jonas bâillonné, Jésus crucifié. L‘Esprit Saint, dit Dieu, c’est l’aigle et le vautour, le bon grain et l’ivraie, le publicain et le pharisien, Jonas mobilisé, Jésus crucifié. L’Eglise, ils disent que c’est eux, dit Jonas. Recel, dit Dieu, ils l’ont privatisée, y creusent des tunnels et surgissent déguisés en chrétiens. Dégonfler l’imposture[12], dit Jonas, c’est désespérer Billancourt[13] et déchainer Versailles[14]. Dégonfler l’imposture dit Dieu, c’est respecter Billancourt et détromper Versailles, l’imposture, c’est provisoire, l’enfer, non. Ils n’y croient pas, dit Jonas. La griffe du Malin, dit Dieu, c’est Ariel possédé :« Hell is empty, all the devils are here »[15]. Le malheur des autres, dit Jonas, est entré dans ma chair et dans mon âme [16]. Pareil pour mon fils, dit Dieu. Sauf que Lui peut tout, dit Jonas. Rien sans l’enfant aux cinq pains et deux poissons, dit Dieu. Sauf que je suis vieux, dit Jonas. Vieillir, dit Dieu, c’est se permettre de faire le bilan avant l’heure [17]. Je sers à quoi ? dit Jonas. Serviteur inutile, dit Dieu, une pierre parmi d’autres. Ils vont s’en saisir et me lapider[18], dit Jonas. Un passe-droit, dit Dieu, normalement réservé aux martyrs, un mauvais moment, moins long que la géhenne. I would prefer not to[19] dit Jonas. Ça, on avait compris, dit Dieu. Ni lapidation, ni géhenne, c’est envisageable ? dit Jonas. Je crains que non, dit Dieu, à toi de voir. C’est tout vu, dit Jonas, le message, c’est quoi ? Te voilà enfin déraisonnable[20], dit Dieu : le message, c’est la force du vrai. L’Adversaire est légion, dit Jonas. Le diable court partout, dit Dieu [21]. Il entasse les mensonges, dit Jonas. Il fait du hors-Christ, dit Dieu, l’équilibre est instable, l’avalanche prévisible. Il s’acharne contre le messager et occulte le message, dit Jonas. Amour et Vérité se rencontrent, méchanceté et mensonge aussi, dit Dieu. Il accuse de tout, surtout du pire, dit Jonas. Tên trộm cười nhạo tên trộm khác, dit Dieu, un grand classique[22]. Il infiltre la famille et use des fragilités, dit Jonas. Une infamie, dit Dieu. Il noyaute le conseil, pactise avec le Pathet, livre les programmes[23], achète les consciences, ment au village, fêle le cristal et s’en vante : Je lui ai pris son jouet. Un enfant vicieux, dit Dieu. Il spolie les pauvres, renvoie l’étranger, dit Jonas, traite vos enfants de voyous et vos maisons d’écuries d’Augias[24]. Autant de charbons ardents, dit Dieu [25]. Il étouffe l’alerte, bâillonne le lanceur, conforte le clerc [26], suicide le témoin, avorte l’enceinte, manipule l’évêque, fragilise le diocèse, détourne la vocation, aliène le prieuré, sécularise l’oratoire, démantèle le séminaire, s’impose à l’ordination [27]. L’œuvre du Diable, dit Dieu. Il se réclame de Louis XVI, de madame Elisabeth, des catholiques de Vendée, de Bretagne et se divertit de la guillotine[28] de tant d’autres[29]. La grimace du Malin, dit Dieu. Il tente de priver les peuples de la Bible, dit Jonas. La signature de Satan, dit Dieu : la Bible, c’est l’imposture divulguée. Il prétend défendre l’intérêt des auteurs, dit Jonas. Le péché contre l’Esprit, dit Dieu. Celui qui ne peut être pardonné ? demande Jonas. Je n’aime pas, dit Dieu, celui qui sait mieux que moi ce que je vais faire [30] .
Il est médiocre, dit Jonas. Euphémisme, dit Dieu, mais la médiocrité, non plus que la richesse ne sont des péchés, le péché, c’est ce qu’on en fait : rien n’est plus ingénieux, plus obstiné, plus méchant, voire en un sens plus perspicace, que la médiocrité pourchassant toute forme de supériorité qui l’offusque [31]. L’appropriation et son champ de ruines, dit Jonas [32] . La jalousie et son hideux cortège [33], dit Dieu. Il feint de vénérer le fondateur et le trahit. Pareil pour mon Fils, dit Dieu, Judas est mort, mais il a laissé des disciples, qui ne sont pas ses disciples, mais ceux du diable[34]. Il pactise avec l’ennemi, s’allie avec l’escroc, dit Jonas [35]. Judas Iscariote, dit Dieu, alla trouver les chefs des prêtres et leur dit : “Combien me donnerez-vous pour que je vous le livre ? Il répartit le butin, dit Jonas, caviarde[36] le Testament, rétribue des faux témoins et menace les autres. La tunique de mon Fils, dit Dieu, Satan au désert, Hérode et ses gardes. Le grand public, ne lit pas les documents et présume toujours, comme les amis de Job, que la souffrance du juste est la preuve extérieure d’une culpabilité secrète, dit Jonas[37]. Verba volant, scripta atque epistula electronica post mortem manent, dit Dieu. Il assure que je suis mort, dit Jonas[38]. Pas encore, dit Dieu, il est en sursis. Il a gagné, dit Jonas[39]. Ce qui pouvait lui arriver de pire, ce qui pouvait t’arriver de mieux, dit Dieu. Mieux que d’être déclaré mort ? dit Jonas. Jérémie,[40] dit Dieu. Mieux que l’épuisement d’une vie dédiée aux pauvres et à l’Evangile ? Pauline Jaricot, dit Dieu. Mieux que d’être muselé ? Paul Seitz[41], dit Dieu. Mieux que d’être trahi ? René Péchard, dit Dieu. Mieux que d’être privé de faire ? François-Xavier Nguyen Van Thuan, dit Dieu. Sauf, dit Jonas, que c’est une bienheureuse, que c’est un évêque, que c’est un serviteur, que c’est un cardinal. Il manquait un pécheur, dit Dieu. Pourquoi moi ? dit Jonas. Parce que tu coches toutes les cases dit Dieu : Le cancer diabolique qui naît du désir de détruire la réputation d’une personne, agresse également le reste du corps ecclésial et le blesse gravement lorsque, pour des intérêts mesquins ou pour couvrir ses propres manquements on se coalise pour trainer quelqu’un dans la boue[42] … La douceur du silence nous montre encore plus faibles, et c’est le diable lui-même qui, enhardi, se montre tel qu’il est, avec ses véritables intentions, non plus déguisé en ange de lumière, mais effronté et éhonté. [43] …. Quand, le monde ecclésiastique est monde, il n’est du monde que la caricature, c’est le monde, non seulement en plus médiocre, mais encore en plus laid [44]. L’Adversaire est plus puissant que moi, dit Jonas[45]. Pas que Moi, dit Dieu, il y a ici bien plus que Jonas[46]. Tout, dit Jonas, commence par une campagne de « propagande noire », qui submerge la personne visée et qui n’est autre qu’une formidable vague de diffamation lâchée sur toutes ses lignes personnelles : famille, amis, entourage professionnel, loisirs, etc. destinés à faire le vide autour d’elle. On circonvient les gens, un par un, on leur fait des promesses, on exerce des pressions, on flatte ou on terrorise, selon l’occasion, jusqu’à ce qu’on ait fait vaciller les consciences. Au surplus, sauf exceptions, ces consciences ne sont pas bien solides. [47] . Je sais, dit Dieu : bis repetita placent [48]…. Du nid à la secte, il n’y a qu’un pas, y compris dans l’Église [49]. Il allègue paranoïa, schizophrénie, les deux, dit Jonas. Aller simple pour l’enfer, dit Dieu.[50]. Il occulte le fondateur, dit Jonas. Captation d’héritage, dit Dieu. Il pourra se succéder cent conseils et plus … mais il n’y aura jamais une autre fondatrice que celle dont Dieu a daigné se servir…[51].
La forfaiture et le drame.[291]
1997. 30 Janvier - Hanoi - entretien avec Mgr Lam, Secrétaire de la Conférence de l’Eglise du Vietnam et le cardinal Tong, archevêque de Hanoi ( Maisons St Grégoire de Rungis et St Benoit de Marciron .
De scribe, dit Dieu, deviens disciple, de ton trésor, tire du neuf et de l’ancien : les œuvres de Satan, la voix de la Foi, la parole convoquée, Ma Parole annoncée.
- La voix de la Foi : « J’ai trouvé des croix si nombreuses et d’un tel genre qu’elles m’ont parfois servi d’encouragement parce que je pensais qu’il n’était pas d’une œuvre purement humaine de rencontrer autant d’entraves et de déchainement de la part des démons et des hommes … Au milieu des signes de joie de ceux qui disaient : « C’en est fait, elle ne pourra plus échapper », j’ai cru à la voix de la foi » [58] …. C’est le Rosaire Vivant.
- La parole convoquée : « Que chacun s’éprouve et se laisse éprouver par Dieu. Et puis, s’il lui faut parler, qu’il parle… En tenant compte des règles de transposition qu’exigent, d’une part, discrétion et pudeur, et que, d’autre part, nécessite le sujet traité, l’idéal serait de ne rien écrire que par le besoin de sortir de soi ce que l’on porte en soi ; par nécessité de s’en délivrer en quelque sorte en le « mettant à jour » [59]…. C’est la mémoire de Jonas.
Et les superbes ? demande Jonas, Ils seront dispersés. Et les puissants ? Ils seront renversés de leurs trônes. Et les riches ? Ils seront renvoyés les mains vides. Et les méchants ? Ils récolteront ce qu’ils ont semé. Et les affamés ? Ils seront comblés de biens. Et les humbles ? Ils seront élevés. Et les pauvres ? Le Royaume des cieux est à eux. Et ceux qui pleurent ? Ils seront consolés. Et les doux ? Ils recevront la terre en héritage. Et ceux qui ont faim et soif de la justice ? Ils seront rassasiés. Et les miséricordieux ? Ils obtiendront miséricorde. Et les cœurs purs ? Ils verront Dieu. Et les artisans de paix ? Ils seront appelés fils de Dieu. Et les persécutés pour la justice ? Le Royaume des cieux est à eux. Et l’enfant scandalisé, l’enfant brisé, l’enfant broyé, l’enfant suicidé ? dit Jonas. Dis-le à l’Eglise, dit Dieu … Peu importe que tu puisses voir les résultats, laisse cela au Seigneur qui travaille dans le secret des cœurs, mais ne cesse pas de vivre la joie d’essayer de communiquer l’amour de Christ aux autres. [60]
Et mon ton décalé ? dit Jonas. C’est un voile, dit Dieu[61], une pudeur. Pour ne pas pleurer, dit Jonas. Je sais, dit Dieu. Pas sur moi, sur les victimes, dit Jonas. Je sais, dit Dieu. Tant de drames ! Je sais, dit Dieu. Tant de méchancetés ! Je sais, dit Dieu. Tant d’hypocrisies ! Je sais, dit Dieu. Tant de trahisons ! dit Jonas[62]. « Judas lui-même, dit Dieu, est choisi en connaissance de cause. Mon fils préfère compromettre à nos yeux son jugement plutôt que son amour ! … Il a voulu la trahison, pour que toi, si un compagnon te trahit, tu prennes avec calme cette erreur de jugement et la dilapidation de ta bonté.[63]».
Les « Mémoires de Jonas » : La vérité, rien d’autre[64].
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Les témoins, ceux-là même qu’ils avaient traités de voyous, ils sont, aujourd’hui, théologiens, prêtres, historiens, médecins, pharmaciens, chirurgiens, chimistes, ingénieurs, chefs d’entreprise, officiers, policiers, avocats, détenus, éditeurs, animateurs pastoraux, juristes, architectes, designers, restaurateurs, journalistes, guides touristiques, experts comptables, spécialistes en cybersécurité, investigation, optimisation des systèmes, intelligence artificielle, analyse des données, traçages des dons. Ils accèdent au journal de Jonas[65], enquêtent au Vatican et en Asie, dans les villages et les évêchés. Ils reçoivent les repenti(e)s, interrogent les victimes, examinent statuts, contrats de travail, actes notariés, comptes rendus d’Assemblées Générales, courriels, agendas, lettres et témoignages[66]. Ils mutualisent leurs recherches, les classifient, les sécurisent, les certifient, renseignent des data, authentifient et rétablissent la mémoire.
C’est un puzzle.
Des pièces manquantes révèlent des trous noirs. Des bordereaux, rescapés des bennes infernales, attestent du pilonnage d’archives accusatrices et de dossiers personnels, précédemment sauvés au péril des vies. On a aliéné les refuges, détourné les statuts, acheté les consciences, discrédité les pères, pilonné le sacrifice des lycéens abattus sur le Mékong, pactisé avec le Pathet Lao [67], abusé des faiblesses, activé des juridictions hostiles, privé les jeunes de passé, de présent et d’avenir, piétiné le suicide de l’enfant, provoqué celui du complice, organisé celui du témoin, poussé au désespoir, détourné de Dieu. …
C’est un réseau.
« Pauline Jaricot se trouve désormais enlacée dans un réseau habilement formé par ceux qui vont exploiter à leur profit sa loyauté d’âme et son inexpérience… Il y a des solidarités familiales, sociales et sans doute aussi économiques qui tissent un filet dans lequel Pauline est prise au piège »[68]. Ils mettent en évidence une saisissante connivence avec un Parti dont ils savent les purges, le népotisme, l’hypocrisie, les procès staliniens, la réécriture de l’histoire, le noyautage des conseils. Ils découvrent des outrages – irréversibles s’agissant de Piété Filiale et d’Honneur[69] - rémissibles s’agissant d’Evangile (sauf péché contre l’Esprit). L’Intelligence artificielle débusque les mensonges, comble les vides, relie les événements, établit les complicités, déroule, jusqu’à en trouver l’origine, le fil des malwares [70], des trahisons, des déshonneurs, des fourberies et des préméditations. L’imposture vitrifie les commémorations[71], les publications, les interventions et les émissions[72]. Des pièces irréfutables émergent. Etranger aux idéologies et aux intrigues, accaparé par les détresses, rien dans nos racines, nos références, notre honneur[73], notre expérience[74], ne nous y avait préparé. C’est une sidération.
C’est une nausée.
« Un cancer diabolique qui naît du désir de détruire la réputation d’une personne, agresse également le reste du corps ecclésial et le blesse gravement lorsque, pour des intérêts mesquins ou pour couvrir ses propres manquements on se coalise pour trainer quelqu’un dans la boue. …Il s’agit d’un aveuglement confortable et autosuffisant où tout finit par sembler licite : la tromperie, la calomnie, l’égoïsme et d’autres formes subtiles d’autoréférentialité. » [78] Les métastases migrent. Les maisons sont aliénées, voire pillées, les rencontres supprimées, les amitiés piétinées, les idéologies assénées, l’Evangile discrédité à l’aune de ceux qui s’en drapent, le trahissent et scandalisent. Le patrimoine[79] des pauvres est démantelé, la maman avortée, l’évêque démissionné, le séminaire fermé, l’enfant scandalisé, la vocation discréditée, la conscience achetée, l’agent infiltré, le correspondant livré, la décoration dévoyée. En bref c’est la curée : « Un monde a joui des travaux achevés par d’autres que par lui et n’a pas su ce qu’ils avaient couté »[80] …. Pas su ou « pas voulu » ? Ecœurés, liés par le secret, mobilisés par les urgences, encombrés d’irénisme, trompés dans les intentions, effarés par les découvertes (Derrière la rigidité il y a toujours quelque chose de caché, dans de nombreux cas une double vie, mais il y a aussi quelque chose d’une maladie[81]), soucieux des réputations et des préservations, nous restons abasourdis ... Nous tentons, une fois encore de prendre le large[82]. C’est, sous le patronage de Joseph, le repli sur de nouveaux refuges. L’Adversaire s’acharne. Les fils de ce monde sont plus habiles entre eux que les de la lumière[83]…. Le pauvre est expulsé, l’Evangile bafoué, l’aumône détournée, le pharisien rétribué, le soutien discrédité, le complice suicidé… Déjà, s’approche le Prince de ce monde. [84]
Voici cependant que, dans le même temps, à contre-courant des lâchetés, des trahisons et des dérélictions, plusieurs émergent des ruines, prennent, dans la pauvreté des commencements, le relais de nos entreprises, les nourrissent du génie et du martyr de leur peuple, les développent bien au-delà de nos rêves. « Ce que je n’ai pas eu le bonheur de commencer, sera, je l’espère et le sens, réalisé par d’autres quand viendra l’heure des miséricordes »[85]. D’autres enjambent la fange des abuseurs, touchent la frange de Son manteau, sont guéris et Le suivent.
François-Xavier Nguyen Van Thuan[86] nous précède dans la dépossession et la fécondité : « Il faut beaucoup remercier les communistes… détenu, privé de tout, j’ai publié mon « Chemin de l’Espérance »[87]qui a touché bien au-delà du diocèse dont ils m’avaient exclu » … Passant outre lassitude et mépris : Je me suis fatigué pour rien, ma force s’est épuisée en vain, pour du vent [88], nous nous efforçons, faute d’avoir pu le faire « seul à seul », de régler, ici même, l’affaire en présence de deux ou trois témoins. Peine perdue : mises à jour, médiations, dossiers, requêtes se heurtent aucynisme, à la morgue, aux rigidités[89], aux impunités, aux avidités, aux lâchetés, des consciences encrassées de prébendes, commendes, présidences et excellences. « Ils font semblant de servir Dieu pour servir l’argent. Ce sont des exploiteurs cachés qui sont socialement impeccables… ».[90] Ce sont audiences sans présence, courriers sans réponses. C’est l’humiliation des pauvres, le pouvoir des puissants, le cynisme des recéleurs, l’atteinte à la piété filiale. La détresse des victimes, la vie éternelle des prédateurs[91], nous hantent alors que les temps se font courts : Mon cœur brûlait en moi. Quand j'y pensais, je m'enflammais, et j'ai laissé parler ma langue. … Je me suis tu, je n'ouvre pas la bouche, car c'est toi qui es à l'œuvre.… [92] La vérité[93] a un allié : le temps ; un fondement : la mémoire ; une expression : la Parole ; une urgence : la mort imminente.[94]
C’est un commandement.
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Accomplis un signe en ma faveur : alors mes ennemis humiliés, verront que toi, Seigneur, tu m’aides et me consoles.(Psaume 85) :
Les signes, en voici : La veille même de son élection, Bergoglio cite Lubac. La voix de notre père spirituel devient celle de l’Eglise : « Y a-t-il au fond de ton cœur un foyer d’amour pour celle qui est l’Epouse du Christ et la Mère des vivants ? Lui es-tu fermement attaché comme à la seule Héritière des Promesses ? Es-tu prêt à mourir pour elle, te souvenant toujours qu’elle a donné Jésus-Christ ? – Alors, tu peux lâcher la bride à ton zèle. Tu peux désirer, proposer, appeler des réformes, Tu peux reprendre, critiquer … Peut-être seras-tu maladroit, violent excessif, voire injuste. Peut-être, en voulant et cherchant le mieux, commettras-tu bien des erreurs. Je ne dis pas que tu auras raison, mais je ne suis pas gravement inquiet pour toi. Tes fautes mêmes seront meilleurs que le contentement sans amour du fidèle trop habitué ». [95]
Les explication, en voici : « L’homme corrompu, se croyant "auto-suffisant", érige la corruption en système qui devient une habitude mentale, une manière de vivre. Il ne ressent plus le besoin de demander pardon. »[96]… . « Quand le monde pénètre à l’intérieur de l’Eglise, il y est pire que le monde tout court. Il n’a, de celui-ci, ni la grandeur dans l’éclat illusoire, ni cette espèce de loyauté dans le mensonge, la méchanceté et l’envie, reconnus d’avance comme sa loi. Quand le monde ecclésiastique est monde, il n’est du monde que la caricature. C’est le monde, non seulement en plus médiocre, mais encore en plus laid – Mais jamais ce monde-là ne triomphe tout à fait… »[97]
Les paradoxes, en voici : « Je me sens assuré dans mes faiblesses, car alors je suis couvert par la force du Christ. J’accueille volontiers faiblesses, humiliations, nécessités, persécutions et angoisses, si c’est pour le Christ, parce que, c’est lorsque je suis faible, que je suis fort. » [98]
Le mal, en voici : «la spiritualité mondaine est le pire mal qui puisse arriver à l’Eglise. » [99].
Simone Weill [109]: « La vérité est toujours expérimentale ». A l’heure où des chrétiens combattent contre l’antisémitisme[110], d’autres pactisent avec le diable. Le Commissariat aux Questions Juives l’exclue de l’enseignement. Dans l’attente de Dieu, elle donne ses tickets d’alimentation aux Asiatiques du camp de Mazargues[111] et aux juifs du camp des Miles, victimes de Xavier Vallat. Elle écrit : « Impossible de pardonner à qui nous a fait du mal, si ce mal nous abaisse … Le malheur des autres est entré dans ma chair et dans mon âme. ». Un médecin général se déshonore : « Ce n’est pas quand on a un million huit cent mille prisonniers français qu’on peut songer aux indigènes » … Dès lors, c’est un lien spirituel avec Gustave Thibon et par lui avec Marie Noel. C’est la théologie face à l’idéologie. « Le lien de la vie et de la pensée fut chez elle le plus étroit qu’on puisse qu’on puisse concevoir. Personne n’a plus héroïquement mis ses actes avec ses idées » …
Rebecca Erié. Domestique dans les Emirats. + Bohol (Philippines), le 26 septembre 2023. « Je n’ai plus rien que la prière, alors, avec d’autres mère de famille, nous récitions notre chapelet à quatre heures du matin devant chacune de nos habitations. »
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Mais en creux[121], les suppôts de l’Adversaire : Gustave Perre, les époux Allioud … et leurs affidés : l’avocat Jacquemont, le trésorier Herculais, le riche Aurran, la demoiselle Deydé, l’arrogant Blanchon, l’imposteur Inglesi[122], le simoniaque Salignat, le président Terret, le médiocre Meynis, l’impudent Mayer, l’aubaine Cumane, l’inconséquent Aurran, la femme Roccofort, la bande organisée des escrocs et des recéleurs[123], la Propagation de la Foi accaparée, l’entreprise de Rustrel dévastée, l’œuvre du Jubilé [124] asphyxiée , Marie outragée. Ces gens-là sont mauvais et sans aucun problème ils entassent leurs richesses. (Ps 73).
Entre deux, les victimes[125] … Touk, pris en otage. Chenda acheté par l’intendant, Tinh[126]rétribué par le traitre. Phan investi pour les pauvres, dépouillé par les riches. Tuan converti par Jésus, athéisé par l’abbé. Suong et son bébé à naître, jetés à la rue. Thuan, traité de voyou, livré à la drogue, renvoyé et violé. Nick, ridiculisé au salon, Huyen, humilié au foyer. Minh, lanceur d’alerte, bâillonné, calomnié, expulsé. Daï privé de Noël, de mer et de soleil. Paul, privé d’ordination et de retraite. Hung privé de conditionnelle, suicidé. Sang privée de père et d’avenir. Lucie, privée de lumière. Pierre, privé d’hébergement. Tous détournés de la Parole. Na : « La vie est trop compliquée ».
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2005 – Avril - Le Pape, c’est Ratzinger. Dés lors, le Magistère, c’est lui. « Entretiens sur la foi » : … Aucune raison d’accepter une coédition » … « Clérocratie dans l’Eglise de France » : … Ce n’est pas vous pouvez, c’est vous devez publier… mais préparez-vous à beaucoup souffrir » … « Bible des Peuples » : … Depuis 1994, vous avez fait pas mal de chemin dans ce sens (Publication d’une Bible pastorale à l’usage des pasteurs et du Peuple de Dieu), et l’on ne peut que vous féliciter du résultat obtenu, je veux dire précisément l’obtention de l’imprimatur de la Conférence de l’actuelle République Démocratique du Congo[131]…Que la même parole vous inspire dans la résolution des autres problèmes. » … : « Je tiens à vous exprimer ma haute appréciation et à vous féliciter pour votre attachement au service de l’Evangile par le biais de votre compétence professionnelle. Votre option pourrait bien vous attirer quelques difficultés. Cela pourrait bien constituer pour vous l’occasion d’offrir un témoignage chrétien par l’espérance et la persévérance. Que le Seigneur soutienne votre foi. » « Missel Képhas » : « C’est aussi avec une joie égale à la vôtre que j’ai reçu et accueilli le missel Képhas qui est comme un beau couronnement de vos efforts éditoriaux… » … Le cardinal Joseph Ratzinger a fait examiner le missel « Képhas » accusé d’antisémitisme. Il me charge de vous assurer que les experts consultés n’ont pas trouvé trace dans ce livre liturgique, d’expressions contestables du point de vue des relations des chrétiens avec les juifs. Il me prie de vous en faire part et de vous transmettre son plus cordial souvenir ».[132] « Jeunesse lumière » : … Pour devenir un saint, il suffit d’aimer Jésus et de le suivre ». [133] « Les saints qui sont déjà parvenus en la présence de Dieu gardent avec nous des liens d’amour et de communion …Nous pouvons dire que « nous nous savions entourés, conduits et guidés par les amis de Dieu … Je ne dois pas porter seul ce que, en réalité, je ne pourrais jamais porter seul. La troupe des saints de Dieu me protège, me soutient et me porte ».[134]
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2013 – Mars – Le Pape, c’est Bergoglio. Dés lors, le Magistère, c’est lui. À Buenos Aires, les bourreaux vont à la messe. Place de Mai, les mères pleurent et supplient. Lui, c’est une Eglise pauvre pour les pauvres qui l’occupe. Il dévoile les saints qui nous soutiennent (Manuel Gonzalez Garcia, canonisé - Alain de Boismenu et FX Nguyen Van Thuan, Vénérables - Henri de Lubac, Serviteur de Dieu - Pauline Jaricot, Bienheureuse.,. ) [135] « Que la Bienheureuse Pauline Jaricot , soit un rappel constant que nous devons chercher la sainteté ». Il demasque les infiltrations qui nous accablent (Ciudad Catolica[136] ; San Damiano[137] ; Becciu , cléricalisme…). « Le diable court partout »[138].
2021, « Celui qui se met à l’écoute de la Parole de Dieu reçoit des retournements existentiels salutaires ».
3 octobre : « Fratelli tutti ».
1er septembre : « Matérialisme intrinsèquement pervers »[140] (et) cléricalisme mondain, (sont les) perversions de l’Eglise »[141].
2022, 19 mars. Fête de Saint Joseph, patron du Viet Nam : Praedicate evangelium.
6 août.[145] : « Ecouter Jésus, à travers la lecture de l’Évangile… Être attentif à la Parole permet de rejeter les égoïsmes maquillés d’amour ».
4 octobre. Laudate Deum….
8 octobre. [147] : « … lutter avec la force de la prière contre toute concession à la mondanité spirituelle ... qui est une forme de paganisme en habits ecclésiastiques… La corruption ne peut pas être pardonnée parce que l’homme corrompu, se croyant "auto-suffisant", ne ressent plus le besoin de demander pardon[148]. Symptômes : vantardise, triomphalisme… ».
22 décembre. Nomination d’un délégué au Vietnam.
2024.
6 février : « Hypocrisie de ceux qui s’offusquent que soient bénies des personnes homosexuelles, mais ne disent rien quand est béni un homme d’affaires qui escroque les gens" … Elitisme des mouvements qui forment des gens « qui se sentent supérieurs : ceci n’est pas le peuple de Dieu ».
2025.
27 janvier :« Communiquer, pour nous, ce n’est pas une tactique, ce n’est pas une technique. Ce n’est pas répéter des phrases toutes faites ou des slogans, […] c’est un acte d’amour"
9 mai : Publication de la lettre d’induction du Jubilé de l’année 2025. Spes non confondit. Nombreuses allusions au cardinal François-Xavier Nguyen Van Thuan dont tous les ouvrages publiés aus éditions du Sarment/Le Jubilé, ont l’Espérance dans leur titre.
Elles sont nombreuses les voix, schismatiques ou saintes, qui, à la suite de Jésus, ont interpelé les pharisiens, scribes et docteurs de la Loi… Cette fois-ci c’est le Pape lui-même « Le serviteur n’est pas plus grand que son maître. Si l’on m’a persécuté, on vous persécutera, vous aussi. Si l’on a observé ma parole, on observera aussi la vôtre ».[150]… Mieux vaut ne pas fréquenter l’église et être athée, si c’est pour haïr les autres et parler mal d’eux [151]… « C’est le cléricalisme qui crée la rigidité. Et sous chaque type de rigidité, il y a de la pourriture. Toujours. [152]»… « Les maux qui, au fil du temps, naissent dans les institutions ecclésiales prennent racine dans cet autoréférencement, qui est une sorte de narcissisme théologique… Dans l'Apocalypse, Jésus dit qu'il est à la porte et qu'il frappe à la porte… je pense aux moments où Jésus frappe de l'intérieur pour que nous le laissions sortir… L'Église, quand elle est autoréférentielle, sans le savoir, croit qu'elle détient une lumière qui lui est propre ; elle néglige de viser le mysterium lunae et donc donne lieu à ce mal si grave qu'est la mondanité spirituelle … Cela revient à vivre pour se donner la gloire des uns aux autres » … « Le pauvre, quand il est aimé, est estimé d’un grand prix, et ceci différencie l’authentique option pour les pauvres d’une quelconque idéologie, d’une quelconque intention d’utiliser les pauvres au service d’intérêts personnels ou politiques ». « Une Église qui se préoccupe avant tout d’elle-même devient malade d’autoréférentialité »[153].
« Il y a toujours la tentation de construire des nids, de se réunir autour de son propre groupe, de ses propres préférences, le semblable avec le semblable, allergiques à toute contamination » [154]
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2025 – Mai – Le pape, c’est Prevost – Dés lors, le Magistère, c’est lui.
Marie. Marie, c’est l’intime et l’intime ne se partage pas. Le publique, oui[178]. Ainsi avions nous placé deux maisons sous son patronage. La Maison Notre Dame de La Vang destinée à accueillir des futures mères…aujourd’hui immeuble de rapport avec réserve d’usufruit. La Maison Notre Dame d’Erquy, lieu des premières vacances pour des jeunes et des familles qui s’évertuaient à l’entretenir…aujourd’hui désaffectée. C’est outrager la mère de Dieu. « Le Seigneur a dispersé les orgueilleux et leurs projets. Il a renversé les puissants de leur trône, il a élevé les humbles. Il a comblé de biens les affamés et renvoyé les riches les mains vides ».
Pauline Jaricot [182]
1953- Mort à Kubuna de monseigneur de Boismenu.
1963. 3 mai. Pauline embarque clandestinement à notre bord [183]. Dès lors, mutatis mutandis - ici le monde ouvrier, là l’étranger – c’est un décalque de ses œuvres, ses projets et ses épreuves. Ce sera, jusque dans les détails, for la sainteté, un saisissant copier/coller : pour elle, comme pour nous, simples laïcs, l’appel à réunir en de mêmes lieux, intelligence de la foi et réalités humaines. Pour elle comme pour nous Le lien de la vie et de la pensée. Pour elle comme pour nous, les éditions du Jubilé. Pour elle comme pour nous, un noyautage des Conseils, une taqīya[184]. Pour elle comme pour nous, le saccage de l’œuvre. Pour elle comme pour nous, le soutien de l’Eglise et l’hostilité du cléricalisme. Pour elle comme pour nous, les spoliations et les acharnements. Pour elle comme pour nous, vingt ans après, l’heure de la transcendance : « J’ai trouvé des croix si nombreuses et d’un tel genre qu’elles m’ont parfois servi d’encouragement parce que je pensais qu’il n’était pas d’une œuvre purement humaine de rencontrer autant d’entraves et de déchainement de la part des démons et des hommes … Au milieu des signes de joie de ceux qui disaient : « C’en est fait, elle ne pourra plus échapper », j’ai cru à la voix de la foi ». [185]
1799 – 1862. Pauline Jaricot,[186] se libère des attraits, mais certes pas des contraintes, de son milieu et fonde la « Propagation de la Foi ». L’abbé Wurtz, abusant de confession[187], la persuade de se retirer. Elle s’écarte, unit en un même lieu édition religieuse (« Œuvre du Jubilé »), vie de prière (« Rosaire vivant », « Filles de Marie ») et réalités humaines (accueils, hébergements, accompagnements), investit son audience et ses moyens dans un projet ouvrier, familial et spirituel[188]. En un même lieu, la Parole et le pain, l’accueil et l’oratoire ! Le curé d’Ars encourage Pauline et la prévient : « Tout cela est beau, excellent … mais le Grappin vous le fera payer bien cher ». Les apôtres partagent, le peuple se réjouit, les pharisiens, scribes et docteurs de la Loi complotent, Judas « ne cesse de l’aimer », l’embrasse et trahit : De fait, Gustave Perre[189] (Escroc de première grandeur, escroc retranché derrière une montagne de sacrilèges, escroc produisant des recommandations péremptoires, un escroc de taille à berner tous ses pareils ) et les époux Allioud, liés de perversions, perfidies, escroqueries, et chicanes, repèrent son amour pour l’Eglise, sa générosité pour les démunis, son implication pour les vocations, les moyens dont elle dispose. Ils feignent de partager ses valeurs, se répandent en dévotions et duplicités, se font entretenir, imposent leurs proches, établissent leurs progénitures, accaparent les entreprises et les immeubles, les dilapident, la trahissent, la calomnient, font son malheur, celui des pauvres… Pour tenter de se justifier, ils la salissent. Le traitre Perre « se charge de colporter l’infâme rumeur »[190] auprès de l’évêque d’Avignon qu’il « surprend par l’astuce de son style ». Les Allioud se ruent sur les dépouilles, Aurran, riche propriétaire, s’associe, se montre incapable, se retourne et participe au désastre[191]. Joannes Blanchon, jeune homme arrogant, refusant tout contact, mène la guérilla. Il fera carrière. Ils circonviennent les Mayer, Mabille et autres dupes, complices ou recéleurs « socialement impeccables » et suscitent, « les uns par leurs rapports, les autres par de petits moyens d’espionnage », des alliances contre nature. Ils mettent la main sur les vocations. Ils infiltrent le prêtre Inglesi[192] « plein d’adresse et d’insinuation, d’un langage capable de séduire les hommes les plus en garde contre la supercherie, qui se mit en rapport avec des lyonnais considérables et religieux… à la manière d’une guêpe qui s’empare du miel des abeilles » . Ils manipulent Alexandrine Deydé, riche demoiselle, Auguste Bru, son homme d’affaires, qui se rétractent et précipitent la perte des refuges et des domaines[193].L’avocat Jacquemont « copiste servile de Perre … disputeur à gages… calomniateur d’envergure … » qui, violant religion[194] et déontologie[195], ne reculant devant aucune perfidie, « amplifie les infamies », et, « par une sorte de perversité méchante, écrit un rapport affreux. S’ensuit « une cascade de procès où, dans un premier temps, les inculpés ont l’habileté de retourner la situation contre elle ». On égare ses soutiens. On attribue les fondations à un Mgr Dubourg[196]. On fait état de lettres qu’on refuse de communiquer.[197] On invente des condamnations. On pratique le chantage à la presse. On dépêche des calomniateurs. On intercepte une reconnaissance officielle du Vatican[198]. On détourne les biens des pauvres au profit de « bonnes œuvres » dont on s’attribue le mérite. On actionne Salignat, prêtre simoniaque. On prend sa famille en otage. On s’abaisse à manipuler ses proches. Ainsi, la fragile Pauline Perrin, sa filleule qu’elle aime, qu’elle soutient depuis toujours et à qui elle pardonne car elle est la première victime. Plus douloureux encore, pas seulement « les franches canailles comme Perre et consorts mais les Conseils Centraux de la Propagation de la Foi, et la Commission de Fourvière » qui réécrivent l’histoire à leur profit, se déshonorent, versent dans l’odieux, voire l’ignoble : « Folle, seule, abandonnée de tous »[199], « elle cache son jeu », « On la défend contre elle-même », « Ce n’est pas la fondatrice », « Il faut que tout ce qu’elle a fait soit détruit », « Elle est morte » … On gomme son nom de l’œuvre qu’elle a fondée. On tombe dans la goujaterie : « On lui a pris son jouet ». Les messieurs de la Commission de Fourvière ont leur plan derrière lequel se cachent des requins affairistes …Non seulement il ne reste plus rien de ce qui devait permettre l’œuvre des ouvriers, mais leur protectrice se trouve désormais enlacée dans un réseau habilement formé par ceux qui vont exploiter à leur profit sa loyauté d’âme et son inexpérience… Il y a des solidarités familiales, sociales et sans doute aussi économiques qui tissent un filet dans lequel Pauline est prise au piège ». Un secrétaire colporte les duplicités. Un président se déshonore. Un trésorier prend le pouvoir. Des messieurs faisant profession de dévotion, asphyxient sa maison d’édition (« Œuvre du Jubilé » fondée en 1825). Un administrateur apostolique la dénonce. Rien n’émeut les prédateurs et recéleurs, plus occupés de chicanes[200]que de justice, de mondanités que d’Eternité et de basilique que d’Evangile : ni le parrainage de saint Joseph[201], ni les « médailles miraculeuses » distribuées aux assaillants, ni l’appui du pape Pie IX dont elle partage les souffrances, ni le suicide de complices [202], ni les détresses matérielles et spirituelles, ni même le tribunal de Dieu. « Trahie par les uns, lâchée indignement par les autres », elle épuise ses moyens, son temps, sa santé, au détriment du soutien aux malheureux, de l’annonce de la Bonne Nouvelle et de « ses aspirations irrésistibles de contemplative ». Spirituellement affermie à hauteur de son exclusion, elle se tourne vers Marie en qui, préfigurant le père de Lubac[203] , elle voit la mère de l’Eglise. L’accumulation même « d’entraves et de déchainement de la part des démons et des hommes » jette la suspicion : « Le grand public, ne lit pas les documents et présume toujours, comme les amis de Job, que la souffrance du juste est la preuve extérieure d’une culpabilité secrète »[204]. Le pape Pie IX, le nonce Lambruschini, le modeste Girodon, les pauvres canuts de la Croix-Rousse, sont impuissants face au Conseil de la Propagation de la Foi et à la Commission de Fourvière, composés de notables, fort satisfaits d’eux-mêmes, portant les détresses en sautoir. Tout son temps, ses moyens sont mobilisés pour soulager les victimes. « L’humiliation la plus terrible sera, sans conteste, d’être un jour dans la nécessité de mettre en avant sa qualité de fondatrice… »[205], elle qui rêvait de silence[206]. Dans sa maison de Lorette, elle abrite, autour de pauvres femmes priantes, ce qui subsiste de ses activités nourries de la « voix de la foi » …Perre, les époux Alioud, l’avocat Jacquemont, leurs complices, l’y poursuivent. Elle y accueille sans distinctions prélats, espions, quémandeurs, marginaux, personnalités de passage. Au fil des épreuves, la pauvreté s’installe, les activités se réduisent, les repas se font rares, les convoitises la cernent. Dans le même temps, Perre parade au cœur des Missions Etrangères de Paris : « Il posait réellement en modeste bienfaiteur de l’humanité… Il parla beaucoup de ses œuvres, de ses nombreuses relations avec le grand monde… Je sentais le mépris et l’indignation me gagner (face) à ce Judas qui avait si odieusement abusé de la confiance de sa bienfaitrice…C’était bien lui la cause de tant de souffrances et de larmes … le misérable dilapidateur… et je le voyais entouré d’hommages et de vénération ! »[207]. Pauline meurt en 1863, « seule, abandonnée de tous », indigente, difforme, humiliée, déconsidérée, spoliée de son œuvre, tourmentée de la détresse des victimes et de la solitude du pape[208]. « La Jaricot est enfin crevée » se rassure élégamment le Conseil de la Propagation de la Foi qui lui doit d’exister. « Autour du cadavre, les charognards. » … « Autour du Corps, les aigles ». Les charognards se précipitent, saccagent les œuvres et s’approprient les biens matériels et/ou générateurs de décorations. Le Rosaire Vivant doit à sa survie de ne dispenser ni les uns, ni les autres. Du moins a-t-elle la consolation de voir prospérer une part de la Propagation de la Foi. Le cardinal Villecourt dénonce solennellement « ses oppresseurs, j’allais presque ajouter ses meurtriers ... aux intérêts imbriqués avec ceux des escrocs…car ils lui ont fait subir une longue mort » … C’est le silence du tombeau, scellé d’une chape de mensonges par une coalition de puissants et d’aigrefins. « Parce qu’elle fut indignement trompée, parce qu’elle donna sa confiance à un escroc hypocrite muni des meilleures références, qui devait en tromper bien d’autres après elle, et s’acharner à calomnier sa bienfaitrice et gardant encore l’espoir tenace de sauver encore l’œuvre entreprise, elle vit se dérober soudain pour des motifs qui s’éclaireront peut-être un jour, les concours généreux sur lesquels elle comptait… »[209]. D’autant plus éternellement condamnés que triomphants ici-bas, voici ses ennemis sur un terrain glissant[210]. Détourné du Fourvière de Pauline, privé des « bons livres » de l’œuvre du Jubilé et de son entreprise de Rustrel par une bourgeoisie grosse de scandales, le monde ouvrier se tourne vers Proudhon[211] et Marx en attendant Mammon. Encore dix ans et la répression des Versaillais, cuirassés de violences, de religiosités et de rentes, va mêler le sang du peuple de Paris à celui de ses pasteurs, brouillant durablement l’image de l’Eglise du Christ auprès des plus pauvres.
François-Xavier Nguyen Van Thuan. Marciron. Saint Grégoire et autres …
Sous embargo.[230]
René Péchard:
1958. René, rescapé des contumaces, des partis de la collaboration et des geôles communistes, couturé d’épreuves, débarque à Vientiane. Il pardonne aux repentis, rétablit les consciences. A l’inverse des amis d’un Boudarel[231] ou d’un Vallat[232], il est libre et aurait les raisons de s’écarter. Les justes se reconnaissent en cela : accablés de douleurs par l’épreuve, ils ne cessent pas de se soucier de l’intérêt d’autrui ; alors qu’ils souffrent eux-mêmes, ils veillent par leur enseignement à fournir autrui du nécessaire ; c’est ainsi qu’ils sont de grands médecins tout en étant frappés par la maladie. Eux-mêmes sont déchirés de blessures, et ils portent aux autres les remèdes qui leur rendront la santé.[233]
L’Association pour la Protection de l’Enfance au Laos qu’il fonde à Vientiane, œuvre, certes pas de parrainages, et encore moins de tourisme, fut-il humanitaire, mais d’accueil, n’a d’autre objectif que caritatif et d’autre source que l’Evangile. Il écrit : « Quels que soient les avantages matériels qui peuvent nous être offerts, nous ne devons-nous lier à aucun parti politique, chacun a son opinion, peut appartenir à un parti, mais ce doit être discret et jamais l’association ne doit être mêlée aux opinions de ses dirigeants »[234]. Et encore « Notre action auprès des jeunes qui nous sont confiés par le Seigneur, est un véritable sacerdoce. Nous devons nous donner corps et âme à ce travail d’éducateur, d’exemple d’une vie chrétienne pour en faire au moins des hommes honnêtes. Nous ne devons pas oublier que nous avons un apostolat à conduire auprès d’eux. Prions d’abord pour les jeunes que nous fréquentons, pour que le Seigneur les appelle et aimons les d’un amour évangélique… Qui accepterait un mode de vie, une foi proposée par quelqu’un qu’il n’aimerait pas, qui serait pour lui un « fonctionnaire » ? Nous devons donc être à la fois le père exigeant et la mère douce qui cherche surtout à comprendre gestes et paroles de l’enfant, de l’adolescent et par cet amour le guider avec toute la fermeté mais aussi la discrétion qu’exige cet âge de l’adolescent et même du jeune adulte…
1963. 21 janvier. Naufrage du Douala. Bernard Wimet « péri en mer ».
Fondation [238] de l’Association pour la Protection de l’Enfance au Laos[239]. Les deux associations coopèrent dans l’accueil - au Laos, et en France - de jeunes démunis, particulièrement nés « de pères présumés Français »[240]. Cependant, n’avoir d’autre source que l’Evangile, c’est se rendre vulnérable dès lors que Satan lui-même se déguise en ange de lumière et ses serviteurs en serviteurs du bien [241]. Ouvert à tous, pudique et nullement prosélyte[242], René donne de l’Evangile une image exacte. Dès lors, les deux Associations sont la cible de l’Adversaire. Des cadres du Pathet Lao[243], formés en Russie aux méthodes du KGB, y infiltrent leur progéniture, née à Moscou, avec mission d’en manipuler les maillons faibles [244] et qui, pour l’heure, en trouve un dans un Volontaire du Service National, en rupture de séminaire. Durant une mission de René Péchard en France, le pauvre traitre s’associe à quelques administrateurs de passage. A l’ordre du jour, l’éviction du fondateur (cinquante-six ans, vingt-deux ans d’Indochine dont sept de détention par le Vietminh), son remplacement par lui-même[245] (vingt-deux ans dont trois mois au Laos), le renvoi des jeunes les plus démunis, la fermeture des foyers, l’abandon des projets, le discrédit des chrétiens. Rien d’autre que le programme du Malin encarté pour la circonstance au Pathet Lao. Les Laotiens hochent la tête : « Voici un œuf qui en sait plus que le canard ». Le complot est déjoué [246] et les deux associations sœurs multiplient les accueils tant au Laos qu’en France, laissant ce triste personnage à son triste destin.
Des oligarques se servent sous couvert de servir. Les prédateurs occupent les locaux avec leurs familles, non sans quêter pour les foyers qu’ils ont vidés. Ce qui reste de l’association au Laos devient un instrument au service de l’idéologie xénophobe du nouveau régime … et des appétits de ses séides. On complote dans l’ombre. On ourdit un procès stalinien. On poste des lettres anonymes. On rétribue de faux témoins. On s’efforce de l’isoler. On va jusqu’à gommer toute référence à son nom. On s’empare des locaux. On dépêche des espions en France. Des coopérants, parmi les plus généreux, se font prendre au piège avant de se repentir[251]. Des bienfaiteurs en viennent, bien malgré eux, à subventionner les riches, à l’origine de l’expulsion des pauvres. En quelques mois, sont dévastées dix-huit années de travail acharné. Plus encore, l’espérance est piétinée dans le cœur de ses enfants.
René démissionne, « sur l’autel des commérages, rumeurs et hypocrisies »[253], de l’association au Laos et prend, comme prévu, la présidence de l’association française qui, sous notre proposition, devient « Enfants du Mékong » [254]. Il écrit : C'est à Jean-Claude Didelot que va ma particulière reconnaissance. En effet, si, pour des raisons diverses, différents présidents se sont succédé à la tête des « Enfants du Mékong », Jean-Claude est resté dès les premiers jours le vice-président,[255]c'est-à-dire la cheville ouvrière de l'Association, et il n'a jamais un seul jour hésité à dispenser son aide. Depuis mon retour en 1975, j'ai trouvé en lui un collaborateur efficace et discret…[256]
Mais la tristesse, le « désarroi », dit-il pudiquement, furent immenses. Ces jeunes que les séides du régime dépossédaient parce qu’étrangers à leur idéologie sans cœur, il les avait sauvés de la misère matérielle et morale, passant outre les incompréhensions et les calomnies… Nombreux furent-ceux qui, au péril de leur vie, traversèrent le Mékong à la nage poussant devant eux, sous les tirs de la police, les archives d’ASPEL -Laos et les dossiers confidentiels de nos quelque 800 pupilles. Plusieurs milliers s’y ajouteront par la suite[257]. Leur pilonnage en 2001[258], mettra un terme dramatique aux filiations[259] et à la quête pathétique des pères.[260] Mais encore, c’est leur père de substitution qu’on leur prend[261]…, Plus encore, c’est l’Evangile dont on les prive, c’est le Père qu’on leur cache. Ils étaient « de père légalement inconnu », les voici « de Père diaboliquement inconnu », jetés à la rue, scandalisés par les dévots, tentés par des ersatz[262]. Réfugiés en France, ils y seront poursuivis par le Pathet, habile à infiltrer les programmes. Le pilonnage des archives des deux associations, au Laos et en France, fera le lit des impostures… et le drame des quelque mille jeunes dont les filiations sont irrémédiablement détruites.
1986. Infiltration de l’Adversaire, encarté, cette fois-ci d’une extrême droite enrobée de religion. Les méthodes sont celles du Pathet Lao[267], du Viêt-Cong et de l’islamisme : noyautage en vue de la prise de pouvoir[268]…. René Péchard prend conscience du danger et enregistre à notre intention une lettre/testament que nous découvrirons après sa mort…
Je souhaite, oui, j'ose souhaiter que parmi eux se trouvent des garçons et des filles blessés par ce qu’ils auront vécu. Pas tristes, accablés ou découragés, non, seulement blessés ! Finalement, des garçons et des filles qui jamais ne s'installeront, qui jamais ne se satisferont, qui jamais ne se suffiront, qui jamais se s'abriteront, qui jamais ne se feront une raison. Ces jeunes volontaires, je leur souhaite de faire carrière car nous devons cultiver notre talent et qu'il faut que les plus pauvres aient leurs ambassadeurs. Que cette carrière n’occulte jamais la générosité de leurs vingt ans, que la détresse de la veuve, la solitude du gosse de la rue, l'humiliation du prisonnier soient pour eux des visages qui les hantent.
Certains échangeront une carrière pour un destin. Ils souffriront à en pleurer de ces écoles, de ces infirmeries qui manquent dans tant de villages. Le gamin de la rue sera leur enfant et la veuve leur mère... Ils seront inventifs, ils craindront de s'installer, ils se souviendront que rien ne leur appartient. Ils connaîtront l'incompréhension, la solitude, la calomnie peut-être, ils se réveilleront la nuit. Ils connaîtront la joie parfaite.
Voyageurs sans billet de retour, qui avez répondu un jour à un appel que vous pensiez provisoire et qui y donnerez votre vie, je cherche votre visage alors que le fardeau pèse ».
19 juin. Vatican. Canonisation des 117 martyrs. Nous y accompagnons une discrète délégation.
3 octobre. Décès de René Péchard [275]: Je veux avant de partir vous redire toute ma reconnaissance, toute mon affection que vous partagerez avec Aliette et vos enfants. Je sais que je vous ai trop souvent accaparé, trop souvent enlevé à votre vie familiale et tous en ont souffert mais sans vous ASPEL France n’aurait vu le jour sinon peut-être en 1975 et dans quelles conditions. Vous n’avez jamais accepté la présidence, mais les présidents se sont succédé, les membres du conseil aussi, vous êtes toujours restés vice-président et c’est grâce à votre activité que nous avons parcouru ce chemin ensemble. Seul, je n’aurais eu ni les moyens ni la capacité de servir l’association. … Je demande au conseil de vous élire Président de l’association, charge qui vous incombe naturellement après 25 ans de collaboration sans qu’un seul désaccord soit venu porter une ombre sur cette collaboration… .
1990 – Première mission [277]– seul - au Vietnam où nous avions fait, en 1962, une escale prémonitoire [278]. Premiers programmes. Attribution du Grand Prix des Droits de l’Homme de la République Française [279].
1996 Publication de « Un évêque chez les Papous »[281].
1995 – 21 février. Mgr Thomas retire son imprimatur sous la pression de la Conférence des Évêques de France…
1996 – Refus d’imprimatur de la nouvelle version par la Conférence des Evêques de France.
14 octobre. Article hostile dans le Monde, cosigné par les responsables des trois plus importants éditeurs de Bibles en France.
2001 – 21 janvier. Mgr Thuan « créé » cardinal .
2003 – 5 aout. Manipulations d’extrême droite[282] contre la Bible des Peuples.
2005 – 7 janvier. Dévoilement, par le P. Louis Hurault, des manipulations dont son frère et lui ont été victimes.[283]
2007 – Mgr Thomas, à La Croix : « Je suis encore plus incité à vivre (de la Bible) et à en faire bénéficier les autres ».
6 juin – Père V** ancien collaborateur des éditions du Cerf : « Les Attaques contre la Bibles des Peuples ont été initiées par la maison pour des raisons commerciales ».[284]
2014. Monseigneur de Boismenu « Vénérable ».
2019 – 5 avril. Décès du père Louis Hurault.
2022 – Béatification de Pauline Jaricot.
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Jonas
Une parole de Yahvé fut adressée à Jonas : “Lève-toi, pars à Ninive, la Grande Ville, pour lui lancer des menaces, car leur méchanceté est montée jusqu’à moi.” Jonas partit, mais ce fut pour s’enfuir à Tarsis, loin de Yahvé. ….
1986 - Nous fondons l’association « Jonas -Evangélisation » [285]... reconnue comme association privée de fidèles, elle prend pour charte l’exhortation de Jean Paul II « Christi fidèles laici » et pour règle, la vie du cardinal Thuan. Il s’agit de prolonger spirituellement ce que les statuts d’Enfants du Mékong d’une part, des éditions Le Sarment/Fayard ne prévoient pas. C’est Marthe et c’est Marie. Nous y versons discrètement, apports personnels[286], fonds d’Église[287], obole de la veuve. Nous découvrons alors les effets d’une situation dénoncée par la voie autorisée du cardinal de Lubac : « … L’évêque est véritablement bâillonné par la nécessité de consulter les organes compétents avant de faire le moindre mouvement, de prendre la moindre décision. De plus en plus, il faut ajouter à cela les bureaux permanents des conférences épiscopales nationales, qui sont censés décharger la personne de l’évêque d’une grande part de travail qu’il devrait lui-même accomplir, de responsabilités qui lui sont retirées d’une façon des plus regrettables et des plus douloureuses pour le bien de l’Eglise, qu’il s’en soit dessaisi volontairement et en toute bonne foi ou qu’il ait été mis simplement en minorité au cours de votes collectifs »…. « Le grand danger d’aujourd’hui, c’est l’omnipotence cléricale d’un christianisme évanescent et insignifiant ».[288].
1991 – Audience du Cardinal Ratzinger à qui nous soumettons le manuscrit de « Clérocratie dans l’Église de France[289] : « Ce n’est pas vous pouvez, c’est vous devez publier » … mais préparez-vous à beaucoup souffrir ». C’est prophétiser ! « Nous nous vengerons » annonce un homme d’appareil ( … et de parole : il le fera, sans que nous évoquions à aucun moment le soutien du cardinal Ratzinger). [290] Nous recevons un courrier abondant, encouragements de laïcs, remerciements d’évêques (sous couvert d’anonymat !). Dès lors, nous nous pensons autorisés à prendre un billet pour Tarsis… C’est compter sans la baleine.
1996. L’association, propriétaire du prieuré St Grégoire de Rungis, alors en déshérence, nous coopte comme président. Nous y transférons tous les actifs de l’association « Jonas – Evangélisation », y affectons de nouveaux apports personnels, entreprenons d’importantes réfections et extensions des locaux et des activités, sur place, mais aussi dans de nouvelles maisons. En tout, nous nous efforçons de respecter l’esprit et la lettre des statuts, la nature des lieux et l’intention des donateurs. Le cardinal Thuan y prêche d’importantes retraites. Monseigneur Frétellière, évêque de Créteil[292]nous assure de son appui. Mgr Boccardo nous sollicite pour accueillir quatre cents jeunes vietnamiens à l’occasion des JMJ. Mgr Cordes[293], président de Cor Unum, nous soutient. Cependant, une Excellence française, étrangère au projet, mais non au bénéfice, daigne fulminer à notre endroit sa sollicitude pastorale : « La prétention de succéder au père de Feligonde est grotesque ». (sic)…. Nous n’y avions pas songé, nous contentant de prier discrètement sur sa tombe. Nous succéderons effectivement au fondateur des Bénédictins Paroissiaux… dans le dépouillement. Ce sera, après notre départ, la récupération des travaux, des dons et des investissements, le détournement de la vocation, l’expulsion des pauvres, la fin de l’Evangélisation, la désaffectation de la chapelle, l’arrogance des accapareurs, l’abus de confession[294], la connivence des prédateurs, la valse des directeurs jusqu’à l’imposition d’un clerc inapproprié[295]. Les garçons se plaignent. L’un d’eux pour l’avoir discrètement alerté, est convoqué au siège, menacé, bâillonné, jeté à la rue[296], calomnié auprès de ses parents[297], contraint de rentrer au Vietnam. Il y retrouve sa famille, fragilisée en raison de ses activités explicitement catholiques. Le clerc, lui, est conforté dans ses errements[298]. Il faudra une démarche de notre part, qui ne sommes plus en responsabilité, pour qu’il soit déplacé dans un bureau. Naïvement, nous nous adresserons plus tard à Mgr Santier, Ordinaire du lieu, qui s’en remettra … à son chancelier. [299]
La déferlante dégage la devise du père de Feligonde[300] : Do usque ad vitam, et l’enseignement de Grégoire [301]fondé sur la Bible, les saints et les événements : Donnons maintenant l’hospitalité au Christ présent dans l’étranger, afin qu’au jugement nous ne soyons pas comme des étrangers qu’Il ne connait pas …. Si chacun détourne son prochain du mal, s’il rappelle à l’égaré le Royaume ou le châtiment, il est un messager des saintes paroles de Jésus… Que notre langue ne soit pas engourdie. Que notre silence ne nous assigne pas devant le juste Juge! Le silence du responsable est nuisible quelquefois à lui-même, mais toujours à son peuple. En effet, ceux qui nous ont été confiés abandonnent Dieu, et nous nous taisons. Ils sont tombés, et nous ne leur tendons pas la main en les corrigeant. » [302]
Le 12 mars 1624, en la fête de Saint Grégoire le Grand, Alexandre de Rhodes venant de Macao, avait débarqué sur la grève de Ba Lang après avoir reconnu l’ile de Senchouan où s’était arrêté Saint François-Xavier. [303]
François-Xavier Nguyen Van Thuan... Paul Seitz. [304]
1975. 15 août. Mgr Paul Seitz, évêque de Kontum, est expulsé du Vietnam. Nous sommes seul, avec René Péchard, qui l’accueillons à sa descente d’avion.[305] Il lui faut témoigner des souffrances de son peuple. Après les communistes, c’est une part de l’Eglise de France qui le bâillonne …Mgr Barthe, évêque de Toulon interdit à ses prêtres d’assister à sa conférence. Nous réservons, à son témoignage, un droit d’asile.
Tentative d’éviction de René Péchard[307]. Déménagement de EdM à Paris. Remy[308] préside un comité d’honneur des amis de EdM.
1991. Rencontres avec Mgr Thuan dont nous avons publié « Sur le chemin de l’Espérance », transmis clandestinement durant sa détention.[309] Nous l’accompagnons durant ses déplacements, par ailleurs étroitement surveillés.
1992. Mgr Nhat, évêque de Bui Chu, nous confie personnellement et confidentiellement l’accueil de jeunes dont l’ordination est suspendue par les autorités civiles de leur pays.[310] Rencontre avec le cardinal Binh à Saïgon.
1993. 16 août. Décès du cardinal Binh. Mgr Thuan archevêque de Saïgon « sede plena ».
22 décembre. Information confirmée.
13 mai. Violente attaque du trésorier de l’association contre les maisons d’accueil, dont celle des séminaristes clandestins.
21 novembre. Soutien officiel de nos maisons par la conférence des évêques du Viet Nam.[313]
25 mars. Ars. Ouverture du procès de béatification de Fr Marcel Van. Entretiens[314] avec Mgr Thu, secrétaire privé de Jean Paul II et Mgr Thuan. Remise, par Mgr Thuan, à deux jeunes Vietnamiens de leur croix de baptême.
1998. 6 janvier. Vatican. Cardinal Tomko, préfet de la Congrégation pour l’Evangélisation des Peuples et Mgr Thu, secrétaire privé du Pape : accueil de séminaristes clandestins.
2 octobre. Publication du décret de chevalier dans l’ordre de St Grégoire le Grand. [318] Le même jour, rencontre avec Mgr F.X. Nguyen Van Thuan, Propréfet du dicastère « Justice et Paix »[319] – à San Callisto. Gravement malade, il nous encourage à l’accueil sans distinction, occasion de confronter la propagande officielle à l’aune de la réalité. Référence pour les séminaristes, déjà auteur de quatre ouvrages publiés au Sarment, familier de nos maisons, il nous accompagne depuis des années dans un contexte de grande discrétion. Il nous alerte contre le risque grave que font courir à « ceux qui ne peuvent rien dire », les liens entre une extrême droite ignorante de l’Asie, arrogante, xénophobe, idéologue, inconséquente dans ses relations, spirituellement mondaine, férue de néo colonialisme[320] et de tourisme humanitaire, éprise de distinctions, et, du coup vulnérable aux manipulations[321]… et certains de ses coreligionnaires impliqués dans une dérive mafieuse : « Je les crains beaucoup plus que les communistes ». Il nous confie son embarras dans l’utilisation abusive de son nom, particulièrement dans la cause du Fr. Marcel Van. Lui-même, héberge des réfugiés au sein de ses appartements cardinalices. … Certes, en trente-cinq ans d’activité, sommes-nous au fait du communisme, mais nous ignorions tout des dangers qu’il décrit. Nous n’imaginions pas que l’Adversaire fédérera des alliances contre nature, ni que se coaliseront des réseaux opposés à ce que l’on proclame et aux origines dont on se targue. Vừa ăn cắp vừa la làng.[322] Ho Chi Minh c’est le communisme sous couvert d’indépendance, préludant à la corruption sous couvert de communisme - ici, c’est l’extrême droite sous couvert de religion … Le diable court partout. Ainsi n’avions-nous vu que le ridicule, et non l’Adversaire, dans l’émoi suscité par un éphèbe, intime d’une éminence, se disant « altesse royale »[323] et, pour cela, cajolé au point qu’il nous faudra calmer les indignations. De même n’avions nous vu que le seul communisme dans le report d’ordination du diacre Loï qui nous accompagnait. Thuan décède le 16 septembre 2002. Ses obsèques sont présidées par Jean Paul II. Nous publions ses « 375 jours d’espérance … », et, en 2007, sa biographie (Une vie d'espérance).[324] Le 4 janvier 2011, nous sommes entendus dans le cadre de son procès de béatification. Le 4 mai 2017, il est proclamé Vénérable. Le 27 août 2022, le pape François le donne en exemple aux nouveaux cardinaux : « Je pense au cardinal Van Thuan, appelé à paitre le Peuple de Dieu dans d’autres situations cruciales du XXe siècle et en même temps, porté par le feu de l’amour du Christ, à prendre soin de l’âme du geôlier qui veillait à la porte de sa cellule ».[325]
2007. Publication de la biographie du cardinal François-Xavier Nguyen Van Thuan.[326]
2014. Publication de la biographie de Mgr Paul Seitz.[327]
2023 – 24 juillet - Le pape François fusionne les Fondations “Bon Samaritain” et “Justice et Paix”, dans une nouvelle Fondation “Van Thuân”.
Le cardinal François-Xavier Nguyen Van Thuan, avait conclu notre ultime rencontre par un sourire : « Il faut beaucoup remercier les communistes… grâce à eux, j’ai pu écrire mon Chemin de l’Espérance qui a touché bien au-delà de mon diocèse ».
Pierre Fabre.
1997 - 23 août. Journées mondiales de la Jeunesse. Baptême d’un jeune Cambodgien par Jean Paul II. Nous en sommes le parrain. Pierre Fabre, ancien ami de René, prend en charge la maison de Marciron. Dès lors, c’est l’envie qui permet au serpent de cracher son venin le plus secret et de vomir la peste de sa méchanceté pour la faire partager » [328]. On attendra sa mort pour tenter de salir sa mémoire, prétendre l’agréger à une cause qui n’était pas la sienne … et détourner son don.
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« Judas lui-même est choisi en connaissance de cause. Le Seigneur préfère compromettre à nos yeux son jugement plutôt que son amour ! … Il a voulu la trahison, pour que toi, si un compagnon te trahit, tu prennes avec calme cette erreur de jugement et la dilapidation de ta bonté ». (Saint Ambroise)[329]. .. Judas est mort, mais il a laissé des disciples qui ne sont pas ses disciples, mais ceux du diable (Pape François). [330]
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1999. Parution du missel de la vie chrétienne « Kephas ».[331] Immédiatement, opération de lynchage
7 octobre. Légion d’Honneur. Discours hypocrite de qui, au même moment, trahit[341]. Discours émouvant des jeunes qui bientôt seront jetés à la rue.[342]
12 octobre. Confirmation de l’appropriation des manuscrits du Fr Marcel Van.
20 octobre. « Voici l’héritier : venez ! tuons-le, nous aurons son héritage ! ».[343] Violent et soudain déclenchement d’une attaque interne. Le prétexte ? L’accueil de jeunes « communistes » … La réalité ? Le pacte entre accusateurs et agents infiltrés. C’est, aller au bout de l’hypocrisie [344] et authentifier les avertissements de Thuan. Médusés, nous assistons au déclenchement d’une opération préméditée de division, d’appropriation[345] et de dévastation. Nous découvrons un réseau aux intérêts imbriqués avec ceux des escrocs[346] et des politiques, doté en finances, relations et considérations, habillé de religion - jusqu’à tromper des familles honorables, des jeunes généreux et même des évêques [347] - insensible à l’infamie des moyens[348], la traçabilité des dons [349], la détresse des victimes, le respect des personnes, des destins, des engagements et des statuts[350]. Nous rejoignons Pauline « Parce qu’elle fut indignement trompée, parce qu’elle donna sa confiance à un escroc hypocrite muni des meilleures références, qui devait en tromper bien d’autres après elle, et s’acharner à calomnier sa bienfaitrice et gardant encore l’espoir tenace de sauver encore l’œuvre entreprise, elle vit se dérober soudain pour des motifs qui s’éclaireront peut-être un jour, les concours généreux sur lesquels elle comptait… »[351]. Rien n’émeut les prédateurs et recéleurs,[352] plus occupés d’eux-mêmes que du prochain, de patrimoines que de charité, de chicanes que de justice, de mondanités que d’Eternité, de faux témoignages que de vérité, de distinctions usurpées que d’actions, de manifestations que de réalisations : ni le parrainage de Joseph, ni l’appui de Jean Paul II[353], ni celui de Benoit XVI[354], ni le suicide d’un complice [355], ni les détresses matérielles et spirituelles. Ils se disent chrétiens, mais ils sont mondains. Dès lors Pharisiens, scribes et docteurs de la Loi s’acharnent contre la diffusion d’une Parole dont ils se réclament mais qui les débusque[356]. Plus encore, ils prétendent défendre les intérêts des auteurs en ruinant leur œuvre, fut-ce au prix d’alliance contre nature. Ainsi, c’est à l’existence même de la Bible des Peuples qu’ils s’en prennent, en 1998 au prétexte d’antisémitisme, en 2001, sous couvert de diffusion commerciale.[357] C’est la griffe de l’Adversaire…. Le péché contre l’Esprit.
Compromission des catholiques, aliénation des accueils, infiltration des programmes, attaques contre la Parole, fermetures des séminaires … On en connait les objectifs et les résultats. En voici les moyens : noyautages des organismes, détection des maillons faibles, exaltation des egos, faux témoignages, séduction des un(e)s, achat des autres, qui entrent dans la voie de la collaboration, participent à la victoire de l’ennemi, versent dans ses méthodes, détruisent les preuves [358]. On use de clercs addictés[359]. On pactise avec l’adversaire. On abuse des confiances. On noue des alliances contre nature. On court-circuite le Vatican[360]. On manipule l’évêque. On capte des vocations. On calomnie jusque dans les familles. On démantèle le séminaire [361]. On désaffecte les chapelles. On délocalise au château. On pervertit les idéaux. On circonvient une donatrice. On insulte un donateur. On se réfère au fondateur. On trahit sa mémoire.[362] On scandalise les petits. En bref, sous d’autres défroques, ce sont les mêmes méthodes.
En Luc 16, l’intendant corrompu se fait des amis avec les débiteurs de son maitre. Du coup, les voici complices, recéleurs, muselés. Ici, le maitre, c’est le pauvre … Bis repetita placent. L’aubaine anesthésie les consciences pas trop regardantes sur l’origine des fonds. L’homme corrompu, se croyant "auto-suffisant", ne ressent plus le besoin de demander pardon. Symptômes : vantardise, triomphalisme...[363] L’occasion fait le larron : domaines nationaux sous Robespierre, congrégations sous Combes, biens des juifs sous Vallat, biens des paysans sous Boudarel [364], refuges des pauvres aujourd’hui… « Quand il a l’intérêt pour complice, l’esprit n’est jamais embarrassé pour faire concorder n’importe quoi avec n’importe quoi ».[365]
En un saisissant parallèle avec René Péchard, ici le communisme, là l’extrême droite[366], nous connûmes une vague de calomnies.[367] Nous fûmes accusés de tous les maux, et le plus douloureux fut de constater que la campagne de dénigrement le plus abject, se noua autour de quelques-uns qui nous devaient beaucoup et qui, infiltrés, menacés ou achetés[368], non seulement confirmèrent les dires de celui qui en rajoutait en protestations de fidélité, mais allèrent encore plus loin, fournissant de faux détails et renchérissant dans l'ignominie.[369] « Il faut nettoyer les écuries d’Augias »[370], ose un beauf [371] aux ordres … les anciens s’indignent : « s’agissant des foyers, il lui aurait été sage de faire profil bas » [372] … « Des voyous communistes et riches », ose un anonymographe fortuné[373] : Ceux qui l’ont pratiqué ne s’étonnent pas : « c’est sa manière ! ». Les jeunes[374], d’abord exhibés, sont coupés de leurs filiations[375], dépouillés de leurs travaux, chassés de leurs abris, humiliés dans leurs pauvretés, dévastés dans leur avenir, scandalisés dans leur quête, blessés dans leur piété filiale, salis dans leur vie privée, arrachés à leurs familles, calomniés auprès de leurs parents, leurs supérieurs, leurs employeurs. Les « écuries d’Augias »[376], ce sont des maisons d’hébergement, abritant des démunis, un oratoire et, parfois la Présence Réelle. Les « voyous communistes et riches », ce sont des jeunes en détresse, des futures mères, des séminaristes clandestins envoyés par leurs évêques. C’est pécher contre l’Esprit.
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René Péchard : « Nous devons aimer particulièrement les plus pauvres, les plus démunis de moyens matériels bien sûr, mais de moyens spirituels, de moyens intellectuels. Ce sont ceux qui nous donnent le plus de soucis par leur indiscipline, parfois leur violence qui doivent faire l’objet de nos soins particuliers. Il peut nous arriver de devoir renvoyer l’un d’eux pour des questions de conduite, de discipline grave et répétée : ce ne doit être qu’exceptionnel et nous ne devons pas les abandonner pour autant. Nous devons même hors du foyer, dans la mesure du possible trouver pour eux les solutions qui les garderont dans une vie droite imprégnée de christianisme, même si nous n’avons pu en faire des chrétiens »…
On renvoie les victimes du Parti. On pactise avec ses agents[377]. On utilise leurs méthodes. On poursuit leurs objectifs. D’autres, « superbes intelligences occidentales » « êtres de lumière et de vérité » dont « le pauvre recevrait beaucoup », (sic), présentés comme paternés par monnseigneur Rey , étrangement adulés[378], victimes inconscientes, sont abusés dans leur générosité par une emphase mêlant jeunisme, mondanité, tourisme et curriculum vitae. On se réclame de « l’Occident chrétien ». On prétend « former des élites ». C’est, outre l’outrecuidance, trahir les origines[379] et oublier l’histoire[380]. C’est, l’enflure du discours et l’indigence de la pensée. On piétine les familles ; Dans un premier temps, de tels faits nous blessèrent terriblement. « C’est terrible quand on découvre que la confiance bien placée a été trompée … nait alors au fond du cœur une amère déception telle que la vie semble ne plus avoir de sens… Et la chose la plus douloureuse c’est d’être trahi par celui qui nous a promis de nous être fidèle[381] ». Nous sûmes quelle suspicion, quelles tracasseries entourèrent pendant des jours, des nuits, ceux qui, de près ou de loin, avaient entretenu des rapports avec nous. Dans le même temps, d’autres, pilotés par le Parti, chouchoutés, encouragés dans la délation, le mensonge et la rétribution, infiltrent les programmes et les accueils, s’associent à leur dévastations[382]. Nous apprîmes les noms d'amis, de séminaristes, de villages pauvres, éliminés pour leur fidélité, et nous plaignîmes ceux qui s’étaient laissé acheter au prix de leur conscience. Après diverses tentatives qui se sont soldées par un échec, nous dûmes nous résigner à clore définitivement le chapitre « maisons » en France. . . Il fallut, le cœur serré, se faire à l'idée d'abandonner presque sans transition les pauvres que nous soutenions, et particulièrement les jeunes qui bénéficiaient de bourses d'entretien, en fait les plus démunis. Abandonner notre maison familiale de Rungis, notre maison de vacances d’Erquy, notre maison de Marciron dédiée aux séminaristes et prêtres isolés, notre foyer pour jeunes filles et notre immeuble pour jeunes mères de Montparnasse,[383] notre refuge Saint Joseph, toutes ces choses si utiles à la communauté asiatique réfugiée en France, nous causa un chagrin profond, un véritable désarroi[384]. Nous cherchâmes des solutions de remplacement. Par divers moyens détournés, nous fîmes passer de l'argent à quelques anciens, afin qu'ils puissent continuer ou terminer leurs études. Leurs visites clandestines nous montrent que nous avons bien fait. Les nouveaux responsables des Associations auxquelles nous avions consacré notre vie, pour nous couper l'herbe sous les pieds, avaient suscité des calomnies qui laissaient partout courir le bruit que c'était désormais à eux qu'il fallait envoyer de l'argent. Nos bienfaiteurs se sont fait piéger par cette ruse qui avait été orchestrée de main de maître, au risque de les amener, bien malgré eux, à subventionner des alliances toxiques. [385]
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Cela faisait plusieurs années que nous accompagnions, d’abord dans l’apprentissage du français, puis dans leur insertion, des jeunes gens dont le cheminement vers le sacerdoce nous était personnellement et confidentiellement confié. Leur nombre augmentera au fil des années. Pour eux, nous avions ouvert un refuge proche de Lourdes. Nous en assumions la prise en charge matérielle grâce à des moyens spécifiques. Nous nous appliquions, dans une grande discrétion et prudence, au respect des discernements, en lien étroit avec les plus hauts responsables de l’Eglise, leurs évêques, les séminaires qui les recevaient en France, dont tout particulièrement celui d’Ars, et avec eux-mêmes. L’un d’eux centrera sa thèse de doctorat sur le père de Lubac : « Le choix du père de Lubac n’est pas dû au hasard. Parmi les grands théologiens, il est l’un des rares à bien connaitre l’humanisme occidental et aussi celui de l’Orient »[386]. Un autre, laotien, sur le livre de Job ![387]Autant de signes providentiels en contrepoint du mal. « Je sais que mon Libérateur est vivant, et qu’à la fin il se présentera sur terre. Alors je me mettrai debout, et je verrai Dieu ! Je le verrai, moi, le même, et c’est lui que mes yeux verront, pas un autre : mon cœur déjà s’épuise dans cette attente. Mais vous, vous ne cessez de comploter : “Comment l’attaquer ? trouvons certaines de ses paroles pour l’accuser ". Alors craignez que l’épée ne vous frappe, car la Colère de Dieu s’enflamme contre les fautes, et vous saurez qu’il y a une justice ! » (Livre de Job). Le 11 mars 2000, le père Nguyen[388], nous avait confié : « Nos quarante juvénistes sont sans cesse surveillés par la police qui débarque à toute heure du jour et de la nuit ».
31 mai. Téléphones de novices rédemptoristes depuis Marciron : « On perquisitionne la maison et on emporte de force nos dossiers personnels[389]…. Pire que les communistes ! ». Ils savent de quoi ils parlent, ces « frères » de Marcel Van ! Le 12 juin, nouvel appel d’une cabine extérieure, cette fois-ci au nom de tous[390] : « Ils sont deux[391]. Ils veulent nous envoyer au séminaire de La Castille[392]. Etes-vous d’accord ? … ». Tombés sous une influence dont nous de savions pas alors la prégnance, les jeunes allaient être confrontés à une double infiltration[393] fragilisant leurs familles et leurs vocations. Après notre départ, un personnage que nous avions mis à la porte, reviendra par la fenêtre grande ouverte[394], prélude à des arrivées incontrôlées.
Episode révélateur du saccage de ce qui devait constituer un ensemble cohérent et décentralisé à base de subsidiarité, couronnement de cinquante années d’un travail acharné au service de l’Evangile et des peuples du Sud Est Asiatique. Nous découvrons des milieux et des procédés que nous n’imaginions pas. Ainsi assistons-nous à l’aliénation, voire à l’appropriation, des maisons, toutes disposant d’un oratoire, et quand cela était possible, d’un terrain de sport : « Même dans sa simplicité, le sport peut sauver de la dégradation, soulager des difficultés familiales … C’est aussi pour cela que sont nés les oratoires : pour sauver de nombreux jeunes … et leur offrir une alternative aux déviances qu’ils pourraient rencontrer pendant l’adolescence… ».[399]
« Tous les passants y grapillent en chemin ; le sanglier des forêts la ravage et les bêtes des champs la broutent. Dieu de l’univers revient ! »[400]
C’est la Maison Saint Grégoire - considérablement agrandie et rénovée par et pour les pauvres -récupérée par ceux-là mêmes qui l’avaient abandonnée, quitte à transformer la chapelle en lieu culturel[401] dans une débauche d’auto-encensement, d’abus et de cynisme. C’est livrer des jeunes isolés et des familles à la solitude des réseaux sociaux. Privés de chapelle, des jeunes catholiques transforment une pièce de leurs pavillons en oratoires, tout comme leurs frères du Vietnam : le diable court partout.
C’est le foyer d’Asnières, vidé des jeunes asiatiques au profit des bureaux et amis. C’est trahir le fondateur dont il porte le nom…
C’est la maison Saint Joseph, hébergement des rescapés, victime d’une coalition de fourberies et d’intérêts. C’est les poursuivre jusqu’en leur ultime refuge. « Mon meilleur souvenir, c’est la crèche magnifique que nous faisions tous ensemble [408]»
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C’est la Maison de Pratlong, école de prière et d’Evangélisation soudainement et inexplicablement fermée. : « Quand le monde ecclésiastique est monde, il n’est du monde que la caricature. C’est le monde non seulement en plus médiocre, mais encore en plus laid. ».[409]
Dans tous les cas, il s’agit de biens tombés en déshérence, remis en état, voire considérablement développés à coups de dons dédiés et du travail des pauvres, récupérés enfin par ceux-là mêmes qui les avaient abandonnés. Autant de lieux de charité, de prière et d’évangélisation, autant d’oratoires[410], autant de lieux d’échanges volés aux démunis. C’est la Présence privatisée, Dieu enfermé au château. C’est le péché contre l’Esprit. … On lance un appel emphatique à la paternité des évêques : pour les jeunes démunis ? … Non ! Pour un manifestant de la « Manif pour tous » ![411].
C’est l’entreprise « NAP.SA » clôturée au risque d’un commerce associatif.
C’est le pillage des fichiers.
C’est la fin de l’ambitieux programme « Stella Maris », en contrepoint de l’exploitation des expatriés philippins (marins et personnel de service).
C’est l’alliance avec l’Adversaire …[412]
Plus encore, ses disciples s’attaquent aux éditions Le Sarment/Le Jubilé qui ont publié les papes Paul VI, Jean Paul II, Benoit XVI, les cardinaux Ratzinger, Korec[413], de Lubac, Etchegaray, Nguyen Van Thuan[414], Wojtyla, Mgr Tchidimbo[415], Maurice Zundel, Serge Grossiu, Marcel Van[416], Daniel Ange, André Manaranche, René Laurentin, Pierre Perrier, Jérôme Lejeune, les collections « Ce que dit le Pape »[417], « Des chrétiens »[418], « Enfants du Fleuve »[419] et beaucoup d’autres témoins de la foi et pourfendeurs de l’antisémitisme. La Bible elle-même est impactée, ses auteurs[420] manipulés, ses soutiens ébranlés.
Attaques contre les séminaristes, l’Evangélisation, la diffusion de la Parole, la Bible pour les Peuples, et le Seigneur Lui-même chassé des maisons où Il se tenait chaque soir autour de la méditation de son Evangile (Quand deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis au milieu d’eux)… Autant de signatures du Malin. Autant de raisons de s’abstenir, sous peine de jugement et condamnation pour avoir assorti l’appropriation d’hypocrisie, de prêcher sur le pauvre, l’avortement, la fin de vie, l’étranger, l’aumône, la calomnie, la mission, le blasphème, l’amour, la Foi, l’Espérance, la charité… en bref, sur l’Evangile. Autant de raisons de se retirer dans le silence, la pénitence et la réparation.
Tandis que les régimes communistes libéralisent leurs relations avec l’Eglise, il aura fallu la mainmise sur les vocations,la sécularisation des maisons, la découverte de connivences équivoques, celle de sectes au cœur même de l’Eglise, le scandale des pauvres, la suspension des ordinations, pour débusquer l’Adversaire sous de nouvelles défroques.[421]« Votre partie adverse, le Diable, comme un lion rugissant, rôde, cherchant qui dévorer ».[422]
2002. 22 juin. Ordination à ND de Paris du premier séminariste confié par son évêque.[423]
Octobre. Lettre circulaire adressée à tous les auteurs des éditions du Jubilé les incitant à dénoncer leurs contrats.
2006. Publication de « Piété filiale » en hommage à René Péchard.
Panégyrique du P. Tygreat dans la magazine EdM.[425].
2016. 16 octobre. Canonisation de Mgr Manuel Gonzalez Garcia, « Evêque des Tabernacles ».
2019 – 5 avril. Décès du père Louis Hurault. Nous avions été chargés de séminaristes …Cette fois-ci, c’est de la Bible …
2023 – 30 janvier. Du nid à la secte, il n’y a qu’un pas, y compris dans l’Église [428].
2 février : Jézabel au mur de Ysréel.
1er novembre. Fermeture par l’évêque d’Albi de l’Ecole Jeunesse Lumière après quarante ans au service de l’évangélisation des jeunes.
3 novembre. Conférence des Evêques de France : priorité à l’évangélisation des jeunes et à l’accueil des étrangers.
18 novembre. Mgr Rey ( « déplacements promotionnels à Rome, positions politiques clivantes, racolages de séminaristes étrangers ») est flanqué de Mgr Touvet, évêque coadjuteur.
24 décembre. Ouverture de la Pote Sainte du jubilé 2025 ; « Pèlerins d’Espérance ».
2025. 7 janvier. Démission de Mgr Rey .
1984 - Fondation par le père Daniel Ange de l’École Catholique Internationale de Prière et d’Évangélisation « Jeunesse Lumière ». Il nous en confie la présidence. L’année suivante, nous modifions les statuts en « Association des Amis de Jeunesse Lumière. L’École s’installe dans l’ancien petit séminaire de Pratlong. Des dons dédiés permettent d’importants travaux de mise aux normes (chauffage, chambres individuelles, sécurité etc..). Recrutement International, diversité des intervenants, renouvellement annuel des responsables, statut d’école et non de communauté, assurent l’équilibre entre pérennité et adaptation, intégration diocésaine et ouverture à l’universel. De fait, des anciens, rentrés dans leur pays, sont à l’origine de l’ouverture d’Écoles s’inspirant de ce qu’ils ont connu en France.
2000. Nous transmettons la responsabilité de l’association à un jeune ancien.
2023. Fermeture soudaine de l’École dans le diocèse d’Albi[429] Ce n’est plus à la charité à cause de l’Évangile qu’il s’en prend, c’est à l’annonce de l’Évangile Lui-même.
2024. Mars. Fermeture brutale de l’Ecole d’Evangélisation « Cap missio » dans le diocèse de Montpellier. Le père René-Luc , fondateur, est écarté après une « visite canonique » de trois jours suite à un signalement anonyme…
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« Je vois l’Église comme un hôpital de campagne après une bataille »[430] … ! Ici, l’infirmerie de campagne, c’était dix maisons vivantes, une édition vouée à l’Evangile, la Bible pour les peuples, une école d’Evangélisation. La pandémie spirituelle les trouve désaffectées, dévastées, détournées. Les victimes succombent à la porte des sacristies, châteaux, prieurés, immeubles, moulins où paradent les recéleurs[431]. Les assoiffés agonisent au bord de la source vive. Privés du faire au terme de soixante années d’édition et d’action, dessaisis de nous-mêmes, à bout de ressources et de recours, couturés de blessures, cernés de fourberies, bouleversés par les détresses, mais d’autant plus spirituellement comblés et humainement réconfortés … « Clérocratie dans l’Eglise de France » en 1992, « Piété Filiale » en 2006 …autant de tentatives de « régler l’affaire devant deux ou trois témoins », au risque de suspendre la vérité à mi-chemin d’Evangile.
2025. 21 Avril. Décès du Pape François.
16 novembre. Décès de Xavier Emmanuelli ancien médecin des Messageries Maritimes. Fondateur du SAMU social.
Jonas.
Jonas adressa cette prière à Yahvé son Dieu : Du fond de ma détresse j’ai lancé un appel à Yahvé : il m’a répondu. Du gouffre des morts j’ai crié au secours et tu as entendu ma voix. Tu m’avais jeté au milieu des mers, seul au milieu du torrent ; tes vagues et tes flots déferlaient sur moi. Je disais : “Me voilà chassé loin de toi, plus d’espoir de revoir ton Temple saint !” Les eaux me montaient jusqu’au cou, je me perdais dans les eaux de l’abîme, ma tête se prenait dans les algues. J’étais descendu aux racines des montagnes, au pays dont les verrous pour toujours se ferment ; mais tu m’as fait remonter de la fosse, Yahvé mon Dieu. Lorsque mon âme en moi se fondait, je me suis souvenu de Yahvé, ma prière est montée jusqu’à toi, jusqu’à ton saint Temple. Ceux qui servent de vaines idoles ont sacrifié leur propre salut. Mais c’est à toi que vont mes sacrifices, mes chants de louange. mes vœux que j’accomplirai, car Yahvé est celui qui sauve.
Yahvé parla au grand poisson, et le poisson vomit Jonas sur la grève. Yahvé l’y attendait et Jonas s’en alla donc à Ninive, comme Yahvé le lui demandait pour la seconde fois.
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Le jugement
Experts : René Péchard : Nous devons nous donner corps et âme à ce travail d’éducateur, d’exemple d’une vie chrétienne pour en faire au moins des hommes honnêtes… Qui accepterait un mode de vie, une foi proposée par quelqu’un qu’il n’aimerait pas, qui serait pour lui un « fonctionnaire » ? Nous devons donc être à la fois le père exigeant et la mère douce qui cherche surtout à comprendre les gestes et les paroles de l’enfant, de l’adolescent et par cet amour le guider avec toute la fermeté mais aussi la discrétion qu’exige cet âge de l’adolescent et même du jeune adulte… Nous devons aimer particulièrement les plus pauvres, les plus démunis de moyens matériels bien sûr, mais de moyens spirituels, de moyens intellectuels[439]. Ce sont ceux qui nous donnent le plus de soucis par leur indiscipline, parfois leur violence qui doivent faire l’objet de nos soins particuliers » … « Quels que soient les avantages matériels qui peuvent nous être offerts, nous ne devons nous lier à aucun parti politique, chacun a son opinion, peut appartenir à un parti, mais ce doit être discret et jamais l’association ne doit être mêlée aux opinions de ses dirigeants ».
Pauline Jaricot : « C’est bien à ceux qui travaillent et sont courbés tout le jour sous le poids de la pauvreté, de l’humiliation et de la souffrance qu’il convient de porter la Bonne Nouvelle du salut ! ».
François-Xavier Nguyen Van Thuan : « Je ne suis pas dans la cathédrale, mais avec les pauvres, sur le parvis. »[440]
Père Jean de Feligonde: Do usque ad vitam.
Simone Weill : Le malheur des autres est entré dans ma chair et dans mon âme. [444]
· Ninivites : « Dieu vit ce qu’ils faisaient et comment ils renonçaient à leur mauvaise conduite ; alors Dieu se repentit du mal qu’il avait parlé de leur faire, il ne le fit pas ».
· Achab : « Puisqu’il s’est humilié ainsi, je ne ferai pas venir le malheur pendant sa vie, mais c’est durant le règne de son fils que j’amènerai la catastrophe sur sa famille ».
· Jonas : Rappel à la Loi [446]: « ... S’il ne les écoute pas, dis-le à l’Église », et condamnation à un Travail d’Intérêt Général : Les Mémoires de Jonas.
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[3] « Le jugement d’Oléron » - P. 124. Donald Moore – France Empire – 1962.
[58] Pauline Jaricot. Lettre au comte de Bremond (1852). Adresse à la Sainte Eglise Romaine (1856). « Si vous apparteniez au monde, le monde aimerait ce qui est à lui. Mais vous n’appartenez pas au monde, puisque je vous ai choisis en vous prenant dans le monde ; voilà pourquoi le monde a de la haine contre vous..». Jn 15,18.
[59] Paradoxes. Op. cité. Dossiers sous embargo ante mortem .
[76] Henri de Lubac « Paradoxes ». Op. cité. « La rencontre du bouddhisme et de l’Occident », (éditions du Cerf).
[80] Chateaubriand – Le Génie du Christianisme.
[88] (Is 49,1)
[89] « Les personnes qui adoptent des positions rigides le font généralement pour masquer leurs propres problèmes, scandales ou déséquilibres ». François. 16 juin 2020.
[92] Psaume 38.
[102] Les * feront l’objet d’un chapitre dédié.
[109] « Attente de Dieu, » Fayard, p. 41-42. « La Vie de Simone Weil » - P. 538 Fayard 1997.
[116] Paradoxes. 0p. cit. P. 34.
[130] Le 26 novembre 1996 par Mgr Vu Duyen Nhat +. (Deux autres reliquaires destinés au Saint Père et au cardinal Thuan.).
[132] Mgr Clemens, secrétaire particulier.
[137] Forum « Arche de Marie ». Civitlta catolica 20/12/1986 et SD/SE. Congrégation pour la Doctrinede la Foi (17 mai 2024).
[144] La réalité supérieure à l’idée… (1er juillet 2023, lettre de François au préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi).
[150] Jn 15,18. Collection « Ce que dit le pape ». « Entretien sur la foi » et suivants du cardinal Ratzinger …. Editions Le Sarment/Fayard/Le Jubilé.
[151] Première audience générale 2019.…
[153] Discours aux journalistes allemands (5 janvier 2024).
[170] HN 24/10/2008.
[175] François. Radio Cope. 1er septembre 2021.
[189] David Lathoud. Op. cité. « Tout le monde me prend pour un homme de bien, mais la vérité pure est que je ne vaux rien ». Le Tartuffe Ace III, scène 6.
[211] « Proudhon et le christianisme » – Henri de Lubac - Seuil 1945.
[226] 1 Roi 23.
[241] 2 Corinthiens. 11 – 14.
[253] Pape François à propos de Mgr Aupetit .
[256] Ibid ; P. 100.
[260] Mais aussi, la totalité des archives seront détruites et l’histoire réécrite. « Filiation » (Editions du Jubilé 2015 - Bénédicte et Bertrand Foucher). « De père légalement inconnu » - Françoise Cloarec. (Phébus). « Les enfants de la colonie » -Emmanuelle Saada- « Métis » - Philippe Franchini.
[289] Op. cit.
[295] Les jeunes sont classés en « Catholiques » « Non catholiques » « voyous (sic) à exclure » … (voire sur des critères exogènes.). Affaire en cours d’instruction.
[302] Homélie 23 ; PL 76, 1182 (lectures chrétiennes pour notre temps – Abbaye d’Orval - Le Barroux).
[326] « Une vie d’espérance ». Editions du Jubilé/Le Sarment.
[328] Saint Grégoire le Grand (Commentaire du livre de Job) …. « Le moteur du noyau pervers, c’est l’envie, le but, c’est l’appropriation ». Le harcèlement moral. Marie-France Hirrigoyen (Editions La Découverte).
[356] « La Bible est un gigantesque exercice de discernement… ». Fr Ph. Lefebvre op in « Cahiers Evangile » Sept 2022….
[377] (SD/SE) ( Secret Défense).
[379] « Une seule condition pour qu’en enfant soit admis : qu’il ait besoin de nous ». (René Péchard. AG de l’ASPEL).
[380] « A quoi servirait aux chrétiens de France d’aider à l’Evangélisation des pays de mission, s’ils négligeaient leurs devoir immédiat de justice et de charité envers leurs frères proches ? » ; P. Jaricot (lettre au comte de Bremond 1852).
[426] M. Y. Meaudre et Mgr Rey . Editions RCF Méditerranée AL. MJ Extrait de YM/DR / SD.
[432] Dossier « Allioud/Perre/Inglesi/Jacquemont ») provisoirement (SD/SE)
[433] Onomastique générique à la garde de Pauline Jaricot. SD/SE.
[438] « Paradoxes » Op ; cit.
[440] (Piété Filiale). Op. cit. Page 179.
[446] Mt. 18, 15-20.
